L’arpenteur

Lyon, capitale des Gaules, berceau de ce peuple fier et brave. C’est ce lieu qui m’a vu naître et évoluer, et c’est certainement ce même lieu qui me verra mourir.
Je la connais comme personne et ne compte plus les fois où j’ai arpenté ses rues et ses monuments, ses arrondissements et ses collines, m’arrêtant parfois des heures entières là où mon envie me guide.
Une chose me déplaît pourtant dans cette ville : ses habitants. Fiers, mais certainement loin d’être bienveillants par moment. Ils semblent même me haïr au moindre coup d’œil, ou me juger sans me connaître, alors que mon regard a seulement eu le malheur de croiser le leur pendant une promenade. Certains semblent même avoir peur de moi, mais il est vrai que mon physique ne facilite pas la tâche.
J’exerce le même emploi depuis trente ans, qui continue d’ailleurs de me peser chaque jour par sa routine et ce depuis des lustres. Il ne fait pas mon bonheur, mais me permet tout de même d’avoir le strict minimum pour vivre. Il a cependant de bons côtés : il me laisse libre de toute modulation horaire, ainsi que la liberté de l’exercer quand bon me semble. Je suis de fait un homme libre, certainement très mal vu, car je suis mon propre patron, mais je n’en reste pas moins libre.
Des citoyens, certainement jaloux, n’hésitent parfois pas à me molester et me traiter de fainéant. Même lorsqu’ils me voient en plein labeur. Ils n’hésite même pas à pénétrer sans gêne chez moi, même si je vis dans un beau quartier lyonnais. Rien ne les arrête.
Il se fait d’ailleurs tard, demain le travail m’attend, mais une bonne nuit de sommeil me requinquera. Je regagne donc mon domicile, jouxtant la place Foch, sous le pont Morand.

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