Gaia Mater

Je suis une femme vieille, très vieille. Ma vie entière s’est écoulé entre les flux incessant de l’espace et du temps, martelés par toutes les misères possibles : j’ai été abîmée par les guerres, celles que se livrent les hommes et celles venant de la nature.

     Je suis une femme blessée, grièvement blessée. J’ai besoin que l’on m’aime, que l’on me préserve encore aujourd’hui, même si mon temps est passé. J’ai encore beaucoup à offrir, mais je reçois si peu. Leur inconscience est la pire des souffrances.

     Je suis envahie par la maladie. Des parasites. D’innombrables parasites, cherchant à exploiter encore en ce moment toutes les richesses qu’il me reste. Et dieu sait que mes titres de noblesse ne sont plus aussi illustres qu’autrefois.

    Pourtant, il m’arrive de me plaindre, d’exprimer ma colère, de chercher à me venger. Parfois j’y parviens de manière funeste. Mais rien y fait : le naturel revient au galop, s’enchaîne et se répète. Alors je recommence à subir, fatiguée d’élever la voix contre ce mépris.

    Je suis une femme raisonnable malgré tout, mais un jour, j’en suis certaine, ils regretteront de ne pas m’avoir entendue. Ils oublient que j’ai le droit de vie ou de mort sur eux, car je suis leur mère : la planète Terre.

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